La Montreuilloise bientôt sans domicile fixe…

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A peine le confinement terminé, nous avons reçu le 13 mai dernier l’amère nouvelle de la confirmation de l’expulsion de la brasserie de ses locaux historiques du 97 rue Pierre de Montreuil pour le 31 juillet prochain.

Cette nouvelle nous attriste et nous met, vous vous en doutez, dans une grande difficulté.
Alors même que nous avions démultiplié les efforts ces dernières semaines pour éviter la catastrophe économique vécue par de nombreux brasseurs et artisans, ce n’est pas le Covid qui nous aura atteint, mais une opération immobilière…

Avant de vous faire part de nos initiatives et de vous proposer de nous soutenir, nous allons faire un petit retour en arrière pour que vous compreniez la situation :

  • Il y a 6 ans, au début de l’année 2014, alors que La Montreuilloise vient de naître, nous sommes orientés par la Ville vers le site de l’Usine EIF du 97 rue Pierre de Montreuil, située en bordure des murs à Pêches dans le Haut Montreuil.
    L’entreprise qui était propriétaire depuis près d’un demi-siècle de ce site de plusieurs hectares (dont plusieurs parcelles de jardins et de friches) souhaite en effet le vendre.
    La municipalité de l’époque fait alors appel à l’EPFIF (Etablissement public Foncier d’Ile de France, organisme public habilité à ce genre d’opérations) pour préempter ce site et le racheter.
    Il n’y a pas alors de projet précis pour l’avenir, mais plusieurs études réalisées précédemment préfigurent que ce site pourrait devenir une porte d’entrée, une vitrine des savoir faire et de la mémoire de ce quartier si particulier à Montreuil.
    La Montreuilloise s’installe alors avec grand plaisir dans ce quartier, cher au cœur des ses créateurs. L’idée de trouver notre place dans l’avenir des murs à pêches et de s’inscrire dans la vie des quartiers du Haut Montreuil correspond à notre envie
  • Nous signons début février 2014, comme tous les occupants de ce genre de site en reconversion, un bail précaire sans durée fixe, mais avec la certitude donnée par les élus de l’époque d’être inclus dans les projets futurs prévus au delà de 4 années.
  • Alors que nous commençons à nous installer, nous apprenons qu’une pollution ancienne, due à l’histoire industrielle de l’usine (lavage des peaux puis laverie industrielle), rend l’eau impropre à la consommation.
    Trop tard pour stopper notre installation, nous faisons réaliser à nos frais des travaux de raccordement au réseau d’eau et d’assainissement (cout total 25 000 euros…).
    Précisons que tout au long de ces 6 années, nous aurons été seuls avec les autres occupants à entretenir le site, malgré les alertes données à plusieurs reprises sur l’état de dégradation des bâtiments. Qu’à aucun moment il ne nous sera proposé de franchise de loyer ou de de contrepartie à ces travaux qui auront permis de faire vivre cet espace et les nombreuses personnes qui y travaillent, ainsi que d’y accueillir des milliers de personnes durant nos évènements, visites, ateliers, festivals …
  • En 2016, nous apprenons que la Ville souhaite inscrire le site EIF dans l’appel à projet Inventons la Métropole du Grand Paris. Cet appel à projet organise la cession de sites publics à des promoteurs privés, sur la démarche d’un concours régional.
    La Ville nous indique qu’elle souhaite imposer aux promoteurs candidats d’inclure notamment les acteurs présents (une dizaine d’entreprises, dont plusieurs de l’ESS) dans les projets futurs.
    Nous décidons alors de participer aux consultations des différents candidats, espérant que l’activité de la brasserie soit pérénisée sur le site tout en respectant le patrimoine et l’identité du quartier et de son environnement.
  • En octobre 2017, le Grand Paris sélectionne un candidat (Urbanera, filiale de Bouygues) pour le futur projet de réhabilitation. Nous sommes conviés aux premiers travaux d’élaboration.
  • Au cours des mois suivants, apparaissent de plus en plus de nombreuses difficultés. L’équilibre financier du projet pour le promoteur semble fragile ;. la nature même du projet implique l’urbanisation de plusieurs parcelles des murs à pêches, soulevant une importante opposition locale ; l’ampleur de la pollution du site enfin, dont les études complémentaires indiquent qu’elle est bien plus importante qu’attendue.
    Les grandes ambitions annoncées auparavant s’amenuisent les mois passant…
  • A la fin de l’année 2019, les rares informations données depuis près d’une année nous indiquent que des travaux de dépollution du site seraient engagés courant 2020.
    A force de demandes et de déductions des bribes d’informations données à chacun des occupants des bâtiments, il apparaît que ces travaux impliqueraient le départ des entreprises présentes. Toutefois des informations très contradictoires sont données sur la date de départ et le commencement des travaux.
  • Dès que nous obtenons ces informations à la fin 2019, nous engageons la recherche d’un nouveau local montreuillois pour accueillir la brasserie.
    Plusieurs pistes sont explorées, avec le soutien de la mairie, mais aucune concluante du fait de l’extraordinaire flambée de l’immobilier à Montreuil et des loyers exorbitants proposées par les promoteurs rencontrés.
    Il apparaît assez vite que sans l’intervention des pouvoirs publics afin de soutenir des artisans comme nous, il nous sera très difficile de trouver pour un loyer supportable un local suffisamment grand et adapté pour notre activité et notre projet.
  • Le 2 mars 2020, nous recevons par avis d’huissier un avis de cessation de notre bail précaire, et donc d’expulsion au 31 juillet 2020.
  • Quelques jours plus tard, le confinement de la population et l’arrêt de l’activité de la plupart des entreprises et administrations, rend impossible la poursuite de la recherche de nouveaux locaux.
  • Courant avril, plusieurs acteurs présents sur le site interpellent l’EPFIF et la Ville de la situation d’une demande de report de l’expulsion de quelques mois, du fait de l’impossibilité pour nous de poursuivre nos recherches pour un nouveau local
  • Le 13 mai, nous sommes informés par la Ville que l’EPFIF refuse ce délai et que nous serons expulsés dans un peu plus de 8 semaines de notre local. Du côté de l’EPFIF c’est l’information par un huissier de la date de notre état des lieux de sortie qui tient lieu de réponse…..

Qu’allons nous faire maintenant ?

Nous accélérons dans les prochaines semaines notre recherche d’un local, mais nous ne souhaitons pas le faire seuls. Avec plusieurs producteurs montreuillois, que nous connaissons et apprécions depuis de nombreuses années, nous avons durant ces semaines de confinement lancé l’idée de chercher ensemble un lieu regroupant nos activités et permettant de créer une « Halle alimentaire », pouvant également accueillir plusieurs producteurs venant régulièrement à Montreuil pour vendre en direct leurs productions, lors de marchés ou dans des AMAP.

Avec la crise sanitaire, environnementale, sociale et économique que nous vivons, il nous est apparu plus que jamais que la question de l’alimentation, des circuits courts de distribution et de la démocratie alimentaire sont cruciaux, d’autant plus dans une ville populaire comme Montreuil

Nous proposons de créer un lieu dédié à ce projet de halle alimentaire, regroupant des petits producteurs attachés à leur ville et désireux de contribuer à d’autres modes de consommation et de production.

C’est au total un lieu de 600-700 m2 que nous recherchons aujourd’hui, en priorité bien sur à Montreuil.
Celui ci doit répondre à quelques critères : de plain pied, accessible aux camions pour les livraisons, suffisamment accessible pour être ouvert vers l’extérieur et accueillir du public (sous la forme d’un marché de producteurs, de vente directes et d’un espace de bar/restauration) et surtout avec un loyer soutenable !.

Afin de voir le jour, ce projet a besoin du soutien des montreuillois-es et notamment de celles et ceux qui apprécient nos bières et sont attachés à nos engagements.

Nous lançons aujourd’hui une pétition afin de soutenir la brasserie, de démultiplier la recherche d’un local et d’interpeller la Ville et les pouvoirs publics afin qu’ils soutiennent concrètement l’initiative et lui permettent de voir le jour.

Il nous faut trouver très rapidement un lieu de stockage provisoire de notre matériel (100m2 seraient suffisants) et assurer le déménagement d’un matériel nombreux et imposant.

Dans l’immédiat, nous préparons activement le déménagement de la brasserie.

Grace à l’appui de nombreux collègues brasseurs de la région, nous espérons pouvoir faire brasser provisoirement une partie de nos bières et ainsi de continuer à fournir les lieux qui nous distribuent depuis de nombreuses années.

Nous avons maintenant besoin de votre soutien afin que La Montreuilloise continue d’exister !

8 Responses

  1. GUILBERT Sylvain

    J’ai travaillé avec quelques entreprises de toutes sortes sur tout Montreuil. Je vais transféré cet appel à l’aide à tout ces commerçants et entrepreneurs que je connais. J’espère pouvoir te donner un retour. Déjà je fais un partage sur Facebook.
    Amicalement.
    Sylvain.

  2. Alain Renk

    Tous mes voeux pour ce projet de halle alimentaire à Montreul, et bon courage pour la période de transition, les déménagements etc. Honte et mépris de ma part envers l’EIPF qui, je le rappelle, est l’opérateur public foncier des collectivités franciliennes. Opérateur public…? Où est l’intérêt général que ses statuts devraient garantir ? Où est le minimum d’empathie que devrait avoir ses fonctionnaires ?

  3. MJ

    non à la disparition d’une entreprise locale engagée dans le monde associatif

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